Une irritation de la zone vaginale est très proche d’une vulvo-vaginite dans sa ressemblance : irritations, démangeaisons, brûlures, douleurs. Les mycoses vaginales sont les vaginites les plus fréquentes. PagesConseils vous présente cette inflammation, ses symptômes et le traitement à envisager en détail dans cet article dédié aux problèmes vaginaux des femmes.
Irritation vaginale : causes et symptômes
Flore microbienne naturelle de la vulve et du vagin
Les muqueuses vulvaires et vaginales possèdent un système de défense constitué de micro-organismes, la flore saprophyte. Cette flore microbienne naturelle est constituée en partie des bacilles de Döderlein (lactobacilles). La flore vaginale a un rôle de défense pour les voies génitales et empêche la multiplication de bactéries et levures néfastes.
Les causes principales d’une irritation vaginale sont :
- un manque ou un excès d’hygiène au niveau de la zone intime ;
- un bain de mer : les grains de sable, le maillot de bain humide ;
- une sécheresse vaginale ;
- l’usage de produits chimiques inadaptés irritants : douches vaginales, détergents, savons parfumés, adoucisseurs de linge, utilisation prolongée de tampons, préservatifs en latex. Une intolérance des muqueuses aux protections périodiques ;
- une infection de type mycose vaginale due à un champignon ;
- une irritation non infectieuse du vagin.
Les signes les plus fréquents d’une irritation vaginale sont des brûlures, des douleurs, des irritations, un prurit (démangeaisons), une sensation de piqûre et de chaleur.
Complications de l’irritation vaginale
L’irritation vaginale est généralement banale et n’impacte pas la santé des femmes, mais voici toutefois quelques complications possibles :
- vulvo-vaginite infectieuse : levures (c’est-à-dire champignons), parasites (Trichomonas), virus, bactéries au niveau du vagin ;
- eczéma, psoriasis : ces maladies chroniques inflammatoires de la peau évoluent par crise et peuvent toucher le vagin ;
- lichen scléreux : c’est une affection de la peau chronique. Son origine est inconnue. On la retrouve essentiellement chez la femme à partir de 65 ans ;
- vulvodynie : de cause mystérieuse, la vulvodynie se manifeste par une sensation vulvaire inconfortable et des douleurs au toucher, au contact des vêtements, lors des relations intimes qui persistent au-delà de 3 mois ;
- cystite : c’est l’inflammation aiguë ou chronique de la vessie (la cystite est une infection pouvant toucher à la fois les femmes et les hommes) ;
- urétrite : c’est l’inflammation de la muqueuse de l’urètre.
Irritation vaginale : que faire ?
Si vous pensez avoir une affection de type mycose vaginale, demandez conseil à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien.
Pour une irritation vaginale qui n’est pas infectée, une toilette non-agressive, avec un savon de pH neutre à grande eau claire suffisent pour protéger l’équilibre naturel. Quelques gestes de soin naturels sauront apaiser aussi l’irritation :
- privilégiez une alimentation saine avec beaucoup de fruits et légumes et de l’épeautre.
- fleurs de Bach : pratiquez un bain de siège avec de l’eau fraîche dans laquelle vous versez quelques gouttes de crab apple (pommier sauvage), puis/ou appliquez la crème Rescue pour la nuit.
- propolis : appliquez doucement quelques gouttes de teinture mère (autour de 5 à 20 % d’extrait de propolis pure) diluées dans un verre d’eau avec une compresse (à noter que la propolis est déconseillée aux femmes enceintes et en cas d’allergie aux produits de la ruche).
- pour rééquilibrer la flore : prenez des gélules vaginales au calendula.
Toutefois, en cas de complications (pertes abondantes, irritations ou démangeaisons fortes et prolongées, etc.), un traitement pourra être préconisé par le médecin.
Prévenir l’irritation vaginale
Hygiène intime
La vulve est une muqueuse qui ne nécessite pas d’être lavée avec du savon. Lavez-vous seulement avec de l’eau claire. Autour de la vulve, préférez un savon non parfumé pour peau sensible. Pendant votre douche ou votre bain, n’utilisez pas de linge (véritable nid de germes), et évitez le contact avec le shampoing, et autres produits spéciaux pour les cheveux, ainsi que des huiles essentielles. Immergez-vous plutôt avec la pluie de la pomme de douche. Ne pratiquez pas de douche vaginale.
Les aérosols, les lingettes, le talc, les lotions, les crèmes, les poudres, le papier toilette, peuvent être allergènes ou irritants (crème antibiotique, anesthésique local, lubrifiant parfumé, etc.).
En revanche, vous pouvez privilégier un produit pour l’hygiène intime des femmes. Ces produits sont disponibles en pharmacie ou en grande surface. Ils ne provoquent pas d’irritations au niveau du vagin et de l’utérus.
Sous-vêtements et vêtements
Portez une lingerie intime blanche en coton naturel (les vêtements en matières synthétiques sont porteurs de germes, et ne peuvent pas être lavés à 60°C, et les couleurs peuvent être irritantes). Veillez à laver vos vêtements intimes avec un savon très doux.
Protections périodiques
Les pertes vaginales claires sont normales, et varient en quantité en fonction du cycle et des activités. Leur quantité peut s’élever avec une augmentation de la température et de l’humidité. Les protections peuvent favoriser celles-ci. Préférez des produits à base de coton naturel, et non parfumés, sans plastique (car ceux-ci ne respirent pas).
Chaleur
Concernant la chaleur, voici quelques conseils :
- évitez une trop grande chaleur créée par une couverture électrique, des housses et matelas en plastique, des sièges synthétiques, etc.
- croisez vos jambes le moins possible.
Soins d’épilation et de rasage
Ces soins sur la vulve peuvent générer des micro-blessures et irriter.
Spermicides
Les spermicides se retrouvent sur les préservatifs, dans les mousses, les gels, les éponges contraceptives. Ils sont souvent irritants et peuvent engendrer des infections vaginales.
Vie amoureuse intime
Les grands bouleversements hormonaux après un accouchement, ou pendant la ménopause, peuvent générer des manques de lubrification naturelle. Votre médecin ou votre sage-femme sauront vous aider pour rééquilibrer votre terrain avec des produits spécifiques.
Les rapports sexuels peuvent avoir un impact également. Ils sont causes d’irritations et vecteurs de transmission de certaines infections sexuellement transmissibles. Indispensables pour se protéger lors des rapports sexuels, les préservatifs peuvent être irritants.
Antibiothérapies et autres traitements
Les antibiotiques favorisent l’apparition de mycose vaginale. Ce traitement est susceptible de détruire les germes bénéfiques à la flore vaginale. Si vous souffrez d’une infection vaginale, demandez à votre médecin quel traitement prendre selon son origine (virale, bactérienne…).
Ne pas confondre la vaginite avec les écoulements de la femme non ménopausée
Les leucorrhées, les pertes vaginales constatées dans le cadre d’une vaginite, ne doivent pas être confondues avec les sécrétions vaginales naturelles des femmes avant la ménopause :
- en milieu de cycle, il est possible de constater des pertes fluides et transparentes au moment de l’ovulation.
- en deuxième partie du cycle menstruel, vous pouvez constater des sécrétions laiteuses et peu abondantes.
En conclusion
- Les vaginites ou infections du vagin peuvent être liées à des problèmes d’hygiène, une sécheresse vaginale ou des produits chimiques (lors des rapports sexuels à cause du préservatif par exemple).
- Les vaginites les plus fréquentes sont les mycoses vaginales. Les autres germes responsables d’infections vaginales sont les parasites (trichomonas, les bactéries et les virus).
- Les infections au niveau de la zone vaginale engendrent des démangeaisons, des sensations de piqûre ou de chaleur, etc.
- La vaginite peut évoluer vers une vulvo-vaginite infectieuse, de l’eczéma ou du psoriasis, un lichen scléreux, une vulvodynie, une cystite ou une urétrite.